Portrait de Jessica Pallud

Publiée le 15 January 2026

Jessica Pallud s’est rendu au contact des étudiants au sein de l’école ISA au campus de Paris

À 19 ans, Jessica Palud effectue un premier stage en régie sur Innocents (2003) de Bernardo Bertolucci. Ensuite, grâce à sa détermination et à l’aide de quelques rencontres, elle devient troisième, puis deuxième et enfin première assistante réalisation, à 25 ans, sur d’importantes productions comme Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola, Astérix aux Jeux Olympiques (2008) de Thomas Langmann et Frédéric Forestier. Elle participe aussi à des films d’auteur signés Philippe Lioret, Eric Lartigau et Carine Tardieu et à plusieurs publicités. C’est à cette époque qu’elle commence à adapter un roman, L’Amour sans le faire de Serge Joncour. « Ce projet a pris beaucoup de temps car, même si l’écriture du livre est très belle, il était difficilement adaptable au cinéma », témoigne Jessica Palud. « Le sujet était très proche de Juste la fin du monde de Xavier Dolan si bien que j’ai décidé de changer mon fusil d’épaule et que j’ai fait un court métrage. » C’est dans ce contexte qu’elle s’attelle à Marlon, l’histoire d’une gamine qui va retrouver sa mère en prison : le film est sélectionné dans plusieurs festivals et remporte de nombreuses distinctions, dont le prix Grand Action au festival de Cannes et une nomination aux César. Grâce au succès de son court, la réalisatrice reprend son scénario de long métrage, intitulé Revenir, qu’elle réussit à financer. « Tout à coup, j’ai eu accès à des acteurs de premier plan comme Niels Schneider et Adèle Exarchopoulos, et le film a été sélectionné dans la section Orizzonti [l’équivalent d’Un certain regard au festival de Cannes] à la Mostra de Venise. Revenir a même obtenu le prix du scénario ! »

Pendant le montage de son premier film, Jessica Palud découvre Tu t’appelais Maria Schneider de Vanessa Schneider, qui retrace le parcours de l’actrice, sa cousine : passionnée par Maria Schneider, la cinéaste se met en tête de transposer l’ouvrage au cinéma. « J’ai rencontré Vanessa, qui avait reçu pas mal de propositions, et je lui ai expliqué que je voulais faire une adaptation très libre en adoptant le point de vue de Maria. Je crois que c’est ce parti-pris, cette volonté de faire un portrait introspectif, très près de Maria, qui lui a plu », complète Jessica Palud. Quand Vanessa Schneider découvre Revenir en salle de montage, elle est convaincue de donner son accord à la réalisatrice. Et si Maria a, une fois encore, été difficile à se monter, il a été présenté en sélection officielle à Cannes et, depuis, il est sorti dans une quarantaine de pays.

C’est pendant le montage de Maria que Jessica Palud est contactée par HBO qui souhaite créer une série à partir des Liaisons dangereuses de Laclos. « Leur idée, c’était de s’intéresser à Merteuil pour comprendre comment elle est devenue Merteuil », explique la cinéaste. « Ça m’a passionnée. » Pour elle, seule Anamaria Vartolomei, qui tenait le rôle-titre de Maria, s’impose pour le personnage de Merteuil. Là encore, après un cheminement complexe, la série, à la fois audacieuse et plastiquement somptueuse, est une totale réussite. « Elle est sortie dans les 70 territoires de HBO, elle s’est classée 2ème sur la plateforme dans les premières semaines de sa diffusion, et elle est encore 4ème à l’heure actuelle, y compris en Thaïlande, en Australie et au Moyen-Orient, alors qu’elle est sortie mi-novembre. Pour une série française, c’est un très beau succès », conclut Jessica Palud.

Portrait Pascal Elbé

Publiée le 17 December 2025

 

Pascal Elbé s’est rendu au contact des étudiants au sein de l’école ISA au campus de Paris.

Issu d’un milieu modeste, Pascal Elbé grandit à Strasbourg. C’est là qu’un jour, à 16 ans, il découvre Tartuffe de Molière au théâtre, avec Gérard Depardieu dans le rôle-titre. C’est une révélation ! Il sera, lui aussi, comédien. « Comme dans Billy Elliot, à la fin du premier cours de théâtre, j’ai traversé un pont en courant », dit-il. « Tout d’un coup, j’étais animé par quelque chose de nouveau. » Dès son bac en poche, il débarque à Paris où il commence par enchaîner les petits boulots, sans jamais renoncer à son rêve. C’est pourtant l’écriture qui lui ouvre les portes du milieu du théâtre, avec Charité bien ordonnée (1992), monté avec succès au mythique Splendid, et Tout baigne ! (1995), mis en scène au Café de la Gare.

La même année, il fait ses premiers pas au cinéma dans Fallait pas ! (1995) de Gérard Jugnot, aux côtés de Jean Yanne. Mais c’est avec Père et fils (2003) de Michel Boujenah, dont il coécrit le scénario, qu’il se fait connaître du grand public et qu’il est nommé au César du meilleur espoir masculin. L’occasion, aussi, d’y côtoyer le grand Philippe Noiret. « Après, on n’a pas envie de tomber dans une forme de médiocrité », confie-t-il. Il enchaîne plusieurs comédies, comme L’Amour aux trousses (2004) et Le Cactus (2005), sans négliger d’autres genres comme le polar avec Les Mauvais joueurs (2005). Il continue son travail de scénariste en coécrivant Mauvaise foi (2006) de son ami Roschdy Zem, dont il est également interprète.

En 2009, il passe à la réalisation avec Tête de turc, remarquable film noir à résonance sociale et politique, dans un registre qu’on n’attendait pas forcément de sa part. « Je ne supporte pas les étiquetages », poursuit-il. Inspiré d’un fait divers tragique, ce premier long métrage nourrit une réflexion citoyenne nécessaire. En 2015, avec Je compte sur vous, il signe un thriller autour de Gilbert Chikli, maître de l’arnaque téléphonique en Israël. « Cette affaire m’avait interpelé », dit-il. « J’ai trouvé l’homme plein de charme, assez brillant, avec un charisme fou. J’ai tout de suite vu la malice dans son regard et le danger qui pouvait en découler. » Devant la caméra, Pascal Elbé s’amuse aussi à jouer avec son image en interprétant le compagnon de Lambert Wilson dans Comme les autres et en passant d’un registre à l’autre, de la comédie comme Tout pour plaire (2004) au drame comme Le Fils de l’autre (2012) et 24 jours, la vérité sur l’affaire Ilan Halimi (2014).

Il revient à la réalisation avec On est fait pour s’entendre (2021) en puisant cette fois dans sa propre histoire. En effet, diagnostiqué malentendant à 42 ans, il a d’abord du mal à accepter cette nouvelle réalité : « Je l’ai mal vécu parce qu’on est atteint dans son orgueil, dans sa dignité. Parce qu’on est diminué », reconnaît-il. Mais il n’est pas du genre à s’apitoyer sur son sort. Bien au contraire, faisant preuve d’une formidable autodérision, il signe une comédie romantique, marquée par le cinéma italien, qui fait mouche. Quatre ans plus tard, il signe La Bonne étoile, autour d’un personnage de déserteur, lâche et bourré de préjugés antisémites, pendant la Seconde Guerre mondiale, qui rappelle La Vie est belle de Roberto Benigni. « Ma référence, c’est le cinéma italien, et j’ai toujours aimé convoquer l’émotion si je peux enchaîner avec une vanne et un trait d’humour, ce qui était déjà le cas dans On est fait pour s’entendre », conclut-il. « Je suis sensible à cette pudeur italienne qui permet de dire des choses fortes, sans gêner le spectateur. »

François Ozon filme l’étranger

Publiée le 20 November 2025

François Ozon n’a jamais caché que L’Étranger d’Albert Camus le hantait depuis l’adolescence : relire le livre l’a « profondément ému », et quand les droits sont devenus disponibles il a décidé d’en faire son prochain film. Le projet, produit par la société FOZ en coproduction avec Gaumont et France 2 Cinéma (entre autres), a pris forme en 2025 :

 

Benjamin Voisin a été choisi pour incarner Meursault, aux côtés de Rebecca Marder, Pierre Lottin, Swann Arlaud et Denis Lavant, et la première mondiale a été programmée en compétition officielle à la Mostra de Venise 2025. Gaumont assure la distribution française avec une sortie en salles annoncée le 29 octobre 2025.

Le tournage, qui devait restituer l’Alger de la fin des années 1930, s’est finalement déroulé au Maroc : Ozon a tourné en avril 2025 à Tanger, ville utilisée pour représenter Alger à l’écran. Les premières images et la bande-annonce, diffusées à l’été 2025, traduisent un parti pris esthétique marqué, bande-annonce en noir et blanc et cadre très épuré qui annonce une transposition volontairement sobre et concentrée sur la matière du texte. La photographie est signée Manu Dacosse et la bande-son par la compositrice Fatima Al Qadiri, deux choix qui renforcent l’impression d’un film pensé comme un « objet littéraire » mis en images.

Fidélité ou réinterprétation ? Ozon joue depuis longtemps des deux registres : capable d’adaptations très libres comme de transpositions très maîtrisées, il a expliqué qu’il abordait L’Étranger avec le désir d’en respecter la puissance sans pour autant se mettre en posture d’exégète. Plusieurs maisons de production et notes de presse évoquent un parti pris plutôt « épuré » et fidèle au roman, mais débarrassé des facilités didactiques : Ozon veut rendre la sécheresse et l’étrangeté du texte à travers le regard, la lumière et le rythme du montage, un exercice d’équilibre entre la lettre du livre et la nécessité cinématographique. Ce choix se lit d’ailleurs déjà dans la mise en images et dans l’économie des dialogues de la bande-annonce.

Au-delà du défi formel, l’adaptation pose des questions politiques et morales : L’Étranger est ancré dans l’Algérie coloniale et interroge la rencontre entre des subjectivités, la violence et la justice. Adapter Camus aujourd’hui oblige à se confronter à ce contexte colonial, un terrain sensible qui peut transformer la lecture du roman. Les commentateurs soulignent que le film arrive à un moment où la littérature et le cinéma doivent affronter les héritages impériaux et la manière dont on met en scène l’Autre ; la sélection à Venise signale que les programmateurs estiment qu’Ozon a trouvé une façon pertinente d’ouvrir ces débats à l’écran.

Qu’attendre concrètement ? D’abord un film qui revendique la sobriété : casting jeune et attachant pour le rôle de Meursault (Benjamin Voisin), parti pris visuel en noir et blanc, et un montage qui semble privilégier la lenteur et l’ellipse plutôt que la démonstration. Ensuite, un déplacement du débat vers les questions d’époque et de légitimité : comment raconter l’indifférence sans la justifier, comment restituer la violence sans l’exploiter ? Enfin, la réception au festival de Venise donnera les premières clefs : critiques, polémiques éventuelles, mais surtout la possibilité de mesurer si Ozon a su faire parler Camus au cinéma d’aujourd’hui.

Mohamed Bensmati

Portrait de Samuel Cohen – Ingénieur du son internationale

Publiée le 18 November 2025

Samuel Cohen s’est rendu au contact des étudiants au sein de l’école ESIS au campus de Paris.

Né au Maroc, Sam Cohen s’installe en France avec sa famille à l’âge de 12 ans. Il intègre la prestigieuse école Louis-Lumière, puis il collabore à plusieurs documentaires avant de devenir perchiste. Très tôt attiré par le cinéma italien et américain, il cherche à participer à des productions internationales. Il faut dire qu’il parle couramment plusieurs langues, ce qui lui permet de réaliser ses ambitions professionnelles. « J’ai eu la chance de travailler avec de grands mixeurs son comme Jean-Louis Ducarme (L’Exorciste, Don Giovanni) ou Jean-Paul Mugel, avec qui j’ai collaboré pour Alexandre le Grand d’Oliver Stone et Le Dahlia noir de Brian De Palma », dit-il. « J’ai aussi eu le privilège de travailler avec Woody Allen (Tout le monde dit I Love You), Robert Altman (Prêt-à-Porter) et Jonathan Demme (La Vérité sur Charlie). » Très sensible à la musicalité des langues, même lorsqu’il ne les maitrise pas forcément, il s’attache à la mélodie et à l’intonation des mots plutôt qu’à leur sens pour enregistrer les sons.

Après avoir été perchiste pendant 25 ans, il décide de devenir ingénieur du son et fait ses armes sur des séries télé françaises. Mais son tropisme pour l’international reprend le dessus et il ne tarde pas à collaborer à des productions anglo-saxonnes, italiennes, israéliennes, et franco-marocaines. En 2016, il reçoit son premier prix pour Dogs de Bogdan Mirica, film roumain sélectionné au festival de Cannes. « Pendant la cérémonie, à Bucarest, j’ai dû reconnaître que j’étais un escroc parce qu’on me remettait un prix pour le son d’un film dont je ne comprenais pas un seul mot », confie-t-il en riant. Un an plus tard, il décroche une nouvelle distinction pour Foxtrot de Samuel Maoz, tourné en hébreu. En trente ans de carrière, Sam Cohen se voit décerner des prix pour deux films en langue étrangère.

Plus récemment, il a été l’ingénieur du son de Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? de Philippe de Chauveron, les séries Kaboul Kitchen, Tunnel et Désordres, pour Canal Plus, Le Bonheur des uns… de Daniel Cohen, la série Netflix Plein cœur, et On est faits pour s’entendre de Pascal Elbé.

En repensant à ses nombreuses expériences sur des productions internationales, il conclut : « Le mélange des langues n’est pas du tout un handicap. Bien au contraire, cela donne des tonalités différentes en matière de son, d’énergie et d’intonations qui produisent des variations de rythme. On a l’impression d’avoir des mélodies qui viennent de plusieurs pays. Je me suis d’ailleurs rendu compte que lorsqu’un acteur joue bien, même si je ne comprends pas ce qu’il dit, la ‘musique’ de ses dialogues me permet de suivre la scène. »

Robert Redford – Un héritage inspirant

Publiée le 17 October 2025

Véritable symbole d’une Amérique libre et engagée, Robert Redford a incarné tout au long de sa carrière une multitude de personnages complexes. Journaliste aguerri pour Les Hommes du Président ou encore bandit controversé dans Butch Cassidy et le Kid, ses personnages ne manqueront pas de diversité. Le fil rouge cependant : des rôles intelligemment choisis pour lesquels ses interprétations font sens. Pour Robert Redford, il n’est pas question de s’engager dans une production qui ne respecte pas ses valeurs. Et finalement… il laisse chez le spectateur ce sentiment qu’il a toujours sa place à l’écran.

Icône du cinéma américain des années 70, Robert Redford est surtout un modèle et un appui pour les cinéastes indépendants. En 1981 il fonde le Sundance Institute dans l’Utah dans le but de soutenir de jeunes cinéastes et de promouvoir une économie locale, loin de la sphère hollywoodienne. Rebaptisé le « Sundance Film Festival » en 1991 en référence au rôle de Robert Redford dans Butch Cassidy et le Kid, le festival va révéler de nombreux réalisateurs tels que Quentin Tarantino avec Reservoir Dogs, Damien Chazelle avec Whiplash, Jonathan Dayton avec Little Miss Sunshine… et bien d’autres encore.

 

« Pour moi, le mot qu’il faut souligner, c’est “indépendance”. J’ai toujours cru en ce mot. […] Je voulais créer un espace qui soutienne les artistes indépendants à qui on ne donnait pas la chance de se faire entendre. »

Robert Redford pour l’Associated Press, 2018

Redford est aussi un acteur qui choisit minutieusement ses rôles, calqués en réponse aux évènements qui touchent l’Amérique des années 70/80. Il joue dans Jeremiah Johnson (réalisé par Sydney Pollack en 1972) un ancien soldat quittant la civilisation pour vivre en ermite dans les montagnes de l’Ouest américain. Le film nous évoque une querelle interne américaine ; un tiraillement entre le besoin d’une société construite et celui de l’émancipation dans la nature. Pour Sydney Pollack, « cela fait tellement parti de l’Amérique que c’est presque un cliché : le plus jeune pays du monde après Israël, qui se souvient encore des terres vierges et qui est déjà hyper-civilisé et au bord de la destruction. Il y a une tension et une dynamique américaines dans ces deux besoins contradictoires, celui de la solitude et celui d’une société chaleureuse. » Robert Redford n’a que trop bien vécu cette opposition ; quand les acteurs migrent vers Hollywood, lui part s’émanciper dans les terres de l’Utah.

Que dire de Les Hommes du Président (réalisé par Alan J. Paluka en 1974), retraçant l’enquête journalistique qui a permis de révéler le scandale du Watergate aux Etats-Unis. Sorti en salles deux ans après la démission de Richard Nixon, le film s’inscrit dans un contexte politique lourd. Robert Redford y incarne un journaliste d’investigation subtil et méthodique, mettant le doigt sur la paranoïa qui gagne les Etats-Unis à cette période. Il confiera lors d’une interview pour l’AARP : « Je voulais me concentrer sur quelque chose que d’après moi peu de gens savaient : comment les journalistes obtiennent l’histoire ? ».

Robert Redford laisse un héritage unique : acteur et réalisateur iconique, militant pour l’environnement et le cinéma indépendant, il a inspiré des générations par son intégrité, son engagement et son soutien aux jeunes talents.

Emma Lallemand

Portrait Marina Foïs – Une fabuleuse actrice

Publiée le 15 October 2025

Marina Foïs s’est rendu au contact des étudiants au sein de l’école ISA au campus de Paris.

Comédienne inclassable et libre, Marina Foïs alterne avec la même aisance entre comédie, drame, polar et cinéma d’auteur, dessinant les contours d’une filmographie qui lui ressemble. Adolescente, elle rêve d’être « professeure ou archéologue », mais c’est la scène qui finit par s’imposer. « Je ne savais pas qu’on pouvait faire un métier de l’incarnation », confie-t-elle.

Après des débuts au café-théâtre, elle se fait remarquer au sein des Robins des Bois, dont l’humour décalé séduit Canal+ à la fin des années 90. Très vite, le cinéma révèle une actrice singulière, capable de passer du burlesque le plus libre au drame le plus sombre. Si elle se fait connaître du grand public avec RRRrrrr !!! (2004) d’Alain Chabat, elle refuse d’être cantonnée au registre comique. « Le cinéma, c’est un terrain de jeu », dit-elle, « et je refuse qu’on m’enferme dans un registre. »

Dès Darling (2007) de Christine Carrière, où elle campe une mère de famille désespérée, elle explore des rôles plus sombres, parfois extrêmes, qui confirment la précision vertigineuse de son jeu. Elle ne craint pas non plus d’explorer les zones d’ombre en interprétant une flic à bout dans Polisse (2011) de Maïwenn ou une romancière fascinée par un adolescent violent dans L’Atelier (2017) de Laurent Cantet. « J’aime ces personnages qui ne sont pas sympathiques, parce que ça les rend plus humains », dit-elle. Son goût du risque s’illustre aussi dans Irréprochable (2016) de Sébastien Marnier, où elle est glaçante d’ambiguïté, ou dans La Fracture (2021) de Catherine Corsini, où elle campe une bourgeoise déboussolée par la crise sociale.

Jamais prisonnière d’une image, elle passe avec aisance de la satire (Papa ou Maman, 2015, de Martin Bourboulon ; Le Grand Bain, 2018, de Gilles Lellouche) au thriller (Une intime conviction, 2017, d’Antoine Raimbault) et au drame psychologique (As Bestas, 2022, de Rodrigo Sorogoyen). « On me demande souvent pourquoi je change de registre, mais je ne saurais pas faire autrement », poursuit-elle. « J’ai besoin d’alterner, de me déplacer, de prendre des risques. » Cet éclectisme fait d’elle l’une des comédiennes les plus respectées et les plus audacieuses de sa génération.

Cinq fois nommée aux César, Marina Foïs s’impose comme une figure incontournable du cinéma français, tout en poursuivant une carrière théâtrale foisonnante. Elle a notamment interprété Les Idoles (2018) de Christophe Honoré et Une maison de poupée (2012) d’Ibsen dans la mise en scène de Jean-Louis Martinelli. En 2021, elle accepte de présider la cérémonie des César, fidèle à son goût du collectif et à son franc-parler. « Il faut arrêter de faire semblant que l’on ne fait pas ce métier par vanité », dit-elle en riant. « On a tous un ego. Ce qui compte, c’est ce qu’on en fait. »

Ces dernières années, elle a confirmé qu’elle était une des interprètes les plus audacieuses de sa génération. Elle a ainsi incarné Simone Signoret dans Moi qui t’aimais (2025) de Diane Kurys, présenté cette année à Cannes, où elle disparaît littéralement dans la peau d’une icône du cinéma français : « Ce qui m’intéressait chez Simone, c’est la période où elle a les cheveux gris, où elle boit et où elle a pris du poids, elle a vieilli, elle est marquée. Je ne connais pas d’autre actrice qui assume à ce point ce qu’elle est, et qui ne transforme pas ce qu’elle est, ni à son époque, ni aujourd’hui », reprend-elle. Et dans La Femme la plus riche du monde (2025) de Thierry Klifa, également présenté cette année sur la Croisette, elle donne la réplique à Isabelle Huppert en interprétant sa fille. Un rôle tout en souffrance contenue aux antipodes de la Signoret qu’elle incarne devant la caméra de Diane Kurys.

« Je ne cherche pas la performance », assure-t-elle. « Je cherche la vérité, même si elle n’est pas confortable. » Cette quête inlassable fait d’elle une actrice d’exception : tour à tour drôle, inquiétante, fragile, cruelle ou lumineuse – toujours habitée par une exigence rare. Et c’est peut-être là sa plus grande force : cette capacité à ne jamais se répéter, et à surprendre encore. On a hâte de la retrouver dans le prochain opus de Rodrigo Sorogoyen aux côtés de Javier Bardem.

Seine-Saint-Denis Fabrique de rappeurs

Publiée le 26 September 2025

Sur les ondes et dans les playlists, le « 93 » n’apparaît pas par hasard : depuis la fin des années 1980 et surtout durant les années 1990, une scène rap puissante s’est structurée dans les quartiers populaires de Seine-Saint-Denis, faisant éclore des artistes qui allaient redéfinir la musique urbaine en France.

Saint-Denis a longtemps été décrit comme l’un des berceaux du mouvement hip-hop français graffiti, breakdance, sound systems et rap y ont trouvé un terreau particulièrement fertile au lendemain de la désindustrialisation et face à la montée du chômage. Ce rôle historique est documenté par des enquêtes de terrain et des récits de la scène qui font du département un épicentre culturel, au-delà des clichés médiatiques. La genèse se lit dans les visages et les noms qui ont marqué cette période.

Suprême NTM, formé à Saint-Denis en 1989 par JoeyStarr et Kool Shen, a cristallisé la colère et la fierté d’une jeunesse mise à l’écart, et posé des codes esthétiques et discursifs repris ensuite par quatre générations d’artistes. Les pratiques de rue graffitis sur les murs, jams de danse et premiers sound systems ont structuré un écosystème créatif où la musique devient à la fois mode d’expression et mode de vie. Ces racines collectives expliquent pourquoi la culture hip-hop a si durablement marqué le département.

La sociologie du 93 aide à comprendre cette permanence. Seine-Saint-Denis reste l’un des départements les plus jeunes et les plus denses d’Île-de-France, avec une population multiculturelle et des politiques publiques oscillant entre investissements culturels et déséquilibres socio-économiques. Ces caractéristiques favorisent une culture orale et de rue où le rap trouve à la fois son public et son réservoir d’expériences à raconter : quartiers, tours et cités deviennent matière première des textes, autant que des lieux d’apprentissage studios associatifs, MJC, collectifs et radios locales participent à la reproduction de ce vivier. Les données INSEE et les travaux socioculturels confirment l’importance d’un vivier jeune et urbain dans la dynamique locale.

La suite, c’est la mise en scène de la réussite : du local au national, puis au numérique. Des villes comme Sevran ont vu émerger Kaaris, Kalash Criminel ou Maes ; leurs parcours illustrent la trajectoire d’artistes qui passent des scènes de quartier aux millions de streams et aux contrats avec de grands labels. Le basculement vers le mainstream s’accélère au XXIᵉ siècle : plateformes de streaming, réseaux sociaux et économies de playlist ont permis à des voix initialement périphériques de toucher un public massif, le rap est aujourd’hui l’un des genres les plus streamés en France, et plusieurs artistes issus de la Seine-Saint-Denis figurent parmi les têtes d’affiche du paysage musical francophone.

Cette reconnaissance n’efface pas les tensions : glorification médiatique, accusations de violence ou de misérabilisme, et parfois une relation ambivalente des institutions à ces expressions culturelles. Pourtant, la réalité que racontent ces artistes, précarité, quête d’identités, solidarité de quartier a trouvé dans le rap un langage audible, commercialisable et exportable. Les Victoires de la musique, les grosses ventes et les chiffres de streaming ne sont que la face visible d’un processus long où le travail collectif (collectifs de beatmakers, petites salles, initiatives locales) a été déterminant.

Mohamed Bensmati

Les décors au cinéma

Publiée le 28 August 2025

Nous l’avons vu le cinéma est un art de l’imaginaire et de la création, mais il puise aussi sa force dans la réalité et cela passe par les décors qui l’entourent. Ces décors, qui semblent parfois n’être qu’un fond passif sur lequel les personnages évoluent, sont en réalité des acteurs à part entière dans la narration cinématographique. Si les studios de cinéma font bien souvent office de terrain de jeu pour des productions monumentales, il existe un univers parallèle où les lieux réels, les paysages authentiques, et les monuments historiques participent activement à la magie du grand écran.

Les décors français sont sans doute parmi les plus emblématiques du cinéma mondial. De la grandeur des châteaux aux ruelles pavées des petites villes, en passant par les majestueuses plages méditerranéennes, la France a tout pour servir de toile de fond à des récits épiques. Prenons l’exemple Les Trois Mousquetaires, au lieu de tourner dans un studio, Martin Bourboulon a décidé de tournée à 55km de Paris au château de Fontainebleau. Y a pas que la Tour Eiffel !

Puis nous avons aussi les grands films fantastiques tels que Le Seigneur des Anneaux, Harry Potter, et Narnia qui utilisent également des paysages naturels pour créer des mondes parallèles. Ces films, bien que reposant sur des effets spéciaux et des décors en studio, n’ont pas hésité à incorporer de véritables paysages époustouflants.

Si une grande partie de l’univers de Tolkien a été recréée dans des studios néo-zélandais, il est impossible de parler de Le Seigneur des Anneaux sans mentionner les décors naturels qui ont servi de toile de fond à l’histoire. Les montagnes de la région de Fiordland et les forêts de la vallée de Wellington sont devenues les lieux mythiques où se sont déroulées les aventures de Frodon et de ses compagnons. Ces paysages, d’une beauté brute et sauvage, ont magnifiquement servi l’histoire de la Terre du Milieu. Comme quoi, il est essentiel de préserver notre planète si nous voulons encore qu’elle nous émerveille, tant dans la réalité que sur les écrans. Petite pensée de prévention pour rappeler que nous avons besoin de la planète pour vivre, mais elle, elle n’a pas besoin de nous.

Puis il y a aussi le classique de notre enfance, Harry Potter. Il faut savoir que le premier volet a utilisé bien moins d’effets spéciaux que les suivants, et, je dois dire, on le voit ! Car c’est avec Harry qu’on découvre le monde de la magie, et pour lui donner un côté plus authentique, autant faire de la vraie magie pour les enfants. Les décors d’Harry Potter sont un fascinant mélange de magie et de lieux réels. Par exemple, le Château de Durham, avec ses tours imposantes, a servi de modèle pour Poudlard dans plusieurs scènes des films. Le pont de Glenfinnan en Écosse, qui relie l’île de Skye au reste du pays, est également devenu un symbole du monde magique.

Autre univers fantastique, Narnia. Vous savez, ce lieu parallèle où le petit Edmund a trahi ses frères et sœurs pour des loukoums… Bon, on va pas lui en vouloir, il était encore enfant, et puis il a bien grandi après. Vous ne trouvez pas qu’il y a une forte ressemblance entre les 4 maisons de Harry Potter et les 4 enfants Pevensie ? (Désolée, je m’égare avec mes théories, je reviens, je reviens).

Donc, les films de Narnia, basés sur les romans de C.S. Lewis, sont eux aussi un mélange de décors réels et d’animation. L’un des lieux les plus marquants est la forêt de Glendurgan en Cornouailles, utilisée pour représenter le monde magique du Lion Aslan. L’arrière-plan de la mer, les collines verdoyantes et les grottes naturelles sont autant de décors qui apportent un côté onirique et intemporel aux aventures des enfants Pevensie.

Alors, bien que les décors réels soient souvent au centre de ces productions, les studios de cinéma restent un élément indispensable à la création d’ambiances et d’univers impossibles à reproduire sur place. De nombreux films utilisent des décors de studios comme Cité du cinéma en France, ou les célèbres Pinewood Studios en Angleterre. Ces derniers permettent de recréer des environnements fantastiques que les paysages réels ne peuvent offrir. Le cinéma a toujours eu une relation complexe avec ses décors. Si les studios et les effets spéciaux sont incontournables pour certains genres, les décors réels, les véritables lieux historiques ou naturels, sont d’une importance capitale pour l’immersion du spectateur. Qu’il s’agisse des vastes paysages de la Terre du Milieu, des rues pavées de Paris ou des plages de l’île d’If, le cinéma puise sa magie dans la richesse de notre patrimoine naturel et culturel.

Finalement, les vrais décors, les vrais paysages, sont bien plus qu’un simple arrière-plan : ce sont des personnages à part entière, qui contribuent à la narration, à l’émotion, et à la vérité du film. Ce sont eux qui, parfois, nous rappellent que, même dans les films les plus fantastiques, la réalité a toujours un rôle à jouer.

Alors soyez authentique, après tout, c’est bien la seule chose qui compte, non ?

Lelia Tostivint

Tennis & Cinéma : Love, Game… Action ! 🎾

Publiée le 12 August 2025

On a eu la chance d’être invités aux Trophées Clarins 2025, cet événement où le sport rencontre la transpiration et où l’on crie “Allez !” comme si notre vie en dépendait. Entre raquettes et passion, ça nous a donné envie de parler du tennis au cinéma, et surtout de célébrer les femmes qui ont frappé fort sur grand écran. Parce que oui, dans le tennis comme dans le cinéma, les joueuses ne sont pas là pour faire de la figuration.

🎬 Challengers : le film qui fait monter la température sur le court

Sorti en 2024, Challengers est un film réalisé par Luca Guadagnino, connu pour ses œuvres sensuelles et esthétiques. Le film met en scène Tashi Duncan (interprétée par Zendaya), une ancienne prodige du tennis devenue coach, qui se retrouve au cœur d’un triangle amoureux avec son mari Art Donaldson (Mike Faist) et son ancien petit ami Patrick Zweig (Josh O’Connor). Le tout se déroule dans l’univers compétitif du tennis, avec des matchs tendus et des émotions à fleur de peau.

Zendaya apporte à Tashi une intensité rare : chaque regard, chaque mouvement est chargé de sens. Elle ne se contente pas de jouer une sportive ; elle fait vibrer la fragilité, les doutes et la rage intérieure de son personnage. Sa prestation a été saluée pour son authenticité, prouvant qu’elle peut porter un film entier sur ses épaules, avec finesse et puissance. Le personnage de Tashi a marqué les esprits car elle est vraie. Pas un cliché de la femme “forte” invincible, mais une femme avec des contradictions, qui doute, qui aime, qui se bat. Tashi, c’est aussi la représentation d’une nouvelle génération de femmes dans le sport et au cinéma, qui refuse les cases et les limites.

Le film a été salué pour sa direction artistique et sa bande-son électro signée Trent Reznor et Atticus Ross, qui ajoute une dimension supplémentaire aux scènes de match. Cependant, certains critiques ont estimé que le film manquait de profondeur émotionnelle et se contentait de survoler les thèmes abordés.

🎾 Le tennis au cinéma : une histoire de passion et de rivalité

Le tennis a inspiré de nombreux films au fil des ans. Parmi les plus célèbres, on peut citer :

  • Battle of the Sexes (2017) : ce film raconte le match historique entre Billie Jean King et Bobby Riggs, mettant en lumière les enjeux de genre dans le sport.
  • Borg vs McEnroe (2017) : un drame psychologique qui explore la rivalité intense entre les deux légendes du tennis.
  • King Richard (2021) : l’histoire inspirante de Richard Williams, le père des célèbres sœurs Williams, qui a guidé ses filles vers le sommet du tennis mondial.

Ces films montrent que le tennis n’est pas seulement une question de raquette et de balle, mais aussi de stratégie, de psychologie et de détermination.

Invitation aux Trophées Clarins 2025

Et maintenant, imaginez-vous sur le terrain en terre battue des Trophées Clarins 2025, un événement prestigieux qui célèbre le tennis féminin. C’est l’occasion rêvée de croiser des stars du tennis, de discuter stratégie de jeu et de partager des anecdotes croustillantes sur les matchs mémorables.

Les Trophées Clarins ne célèbrent pas seulement les performances, ils soutiennent aussi la promotion du tennis féminin et encouragent la prochaine génération à se dépasser, avec passion et fair-play. Que vous soyez fan, joueuse, ou simplement curieux·se, c’est une occasion unique de plonger dans l’univers du tennis avec style et bonne humeur.

En résumé, le tennis au cinéma, c’est bien plus que des échanges de balles : c’est une métaphore de la vie, avec ses hauts, ses bas, ses rebonds et ses smashs. Alors, que vous soyez fan de tennis ou de cinéma, n’hésitez pas à vous laisser emporter par la passion et l’émotion que ces films ont à offrir.

Lelia Tostivint

Hungers Games : un CRI plus qu’une simple page !

Publiée le 23 July 2025

Basée sur une série de livres écrite par Suzanne Collins, Hunger Games fait parler d’elle depuis plus de 10 ans… et oui, déjà ! Mais alors, pourquoi un tel phénomène ?

Eh bien non, ce n’est pas juste parce que Jennifer Lawrence tire à l’arc comme une reine ou parce que Peeta Mellark est LE book boyfriend adoré sur TikTok. Hunger Games, c’est bien plus que ça. C’est un univers qui frappe fort, un message qui tape là où ça fait mal, et surtout une leçon de courage que nous devrions revoir de temps en temps.

Avant d’écrire cette saga culte, Suzanne Collins bossait dans la télé jeunesse, notamment chez Nickelodeon (ouais pas super super). C’est en zappant entre une émission de guerre et une télé-réalité qu’elle a eu l’idée de Hunger Games. Comme quoi, regarder la télé peut parfois donner des vraies pépites. Fun/Sad fact : elle ne voulait pas que les acteurs des films soient trop jeunes, car elle connaissait les conditions parfois dures du milieu hollywoodien, alors elle a dit “nope” direct. Née en 1962 dans le Connecticut, fille d’un militaire, Suzanne a grandi avec une conscience aiguë de la guerre, des sacrifices et de la propagande. Nous, on a grandi avec Dora et Foot 2 Rue (pas la même ambiance, hein). Elle n’écrit pas pour le simple divertissement, mais pour qu’on se pose les bonnes questions :

  • Pourquoi regarde-t-on la souffrance des autres comme un spectacle ?
  • Pourquoi suit-on les règles même quand elles nous détruisent ?
  • À quel moment choisissons-nous de désobéir ?
  • Quand la peur devient-elle moins forte que l’espoir ?

Donc nous avons une autrice engagée, avec des personnages…réalistes

Katniss n’est pas une héroïne lisse et parfaite. Pourquoi le serait-elle ? Elle est humaine, avec ses doutes, ses colères, ses failles. Collins ne veut pas de héros irréels, parce que la perfection, ça n’existe pas, et ce n’est pas identifiable. Katniss est traumatisée, froide, parfois injuste, mais surtout lucide. Elle a 16 ans (rappel important, surtout quand Hollywood fait parfois passer les ados pour des adultes). Elle n’a pas besoin d’être sexy ou souriante pour être puissante. Katniss est brute, là pour survivre, protéger et se battre, pas pour faire un tuto Morning routine avant chaque scène. Bref, Katniss, c’est la fille du feu du District 12, paumée mais qui se porte volontaire pour sauver sa sœur. Elle doute, râle, s’énerve et agit… Et malgré tout ça, elle devient un symbole. Parce que parfois, dire “non”, c’est déjà une révolution.

Peeta, le king des discours et l’anti-mâle toxique ! Le petit blond, doux, stratège et charmant, Peeta est l’opposé parfait de Katniss. Il ne veut pas juste sauver Katniss, il veut qu’elle survive en restant fidèle à elle-même. Il la soutient même quand elle lui rentre dedans (et franchement, elle ne manque pas une occasion). Après un petit passage par un lavage de cerveau et quelques séances de torture, Peeta reste droit dans ses bottes… et retombe amoureux de Katniss. Les filles, prenez-en de la graine, parce que les “Peeta” dans la vraie vie, ça ne court pas les rues, surtout avec autant de “Snow” à côté.

En parlant du Loup, Coriolanus Snow, le président-tyran, passif-agressif et machiavélique. Sans doute le meilleur méchant écrit de ces dernières années. Froid, raffiné, méthodique, il crée l’illusion du choix pour mieux écraser la rébellion. Dans La Balade du serpent et de l’oiseau chanteur, on découvre un jeune Snow ambitieux, cruel, qui deviendra le monstre politique qu’on déteste. Snow ne tue pas pour tuer, il tue pour l’exemple. Son idée géniale ? Transformer la punition en spectacle : tu te rebelles ? On fait tuer tes enfants en direct, avec sponsors et costumes (vous avez dit déjà-vu ?). C’est le dictateur moderne qui fait peur sans jamais hausser la voix. Il manipule, anticipe, politise tout.

Bon la saga ne se résumait pas qu’à son autrice et ses personnages incroyables, même si c’est déjà ce qui pèse dans la balance. La saga a aussi marqué la pop culture, car avec son univers, ses personnages Hunger Games ont changé la donne. Depuis, on ne compte plus les dystopies qu’elle a inspirées : Divergente, Le Labyrinthe, The 100… Et voilà que, quelques années après le 4e Hunger Games, on pensait que c’était fini… Mais non !

La Balade du serpent et de l’oiseau chanteur est sortie en livre puis en film, relançant la saga avec une nouvelle vision, plus sombre, plus politique. Et alors qu’on croyait que c’était la fin, un nouveau livre débarque : celui de Haymitch, notre mentor sarcastique préféré, The Hunger Games : Sunrise on the Reaping prévu pour une sortie le 20 novembre 2026. Ce nouveau roman, plus dark que jamais, va bientôt être adapté au cinéma avec un casting annoncé récemment sur les réseaux sociaux : Joseph Zada dans la peau de Haymitch Abernathy, Maya Hawke incarnera Wiress, Ralph Fiennes qui jouera non pas Voldemort mais bien notre magnifique et cruel Coriolanus Snow. Et puis on retrouvera toujours Lionsgate à la production, Francis Lawrence à la réalisation et Billy Ray (qui a fait l’adaptation du premier Hunger Games). On ne change pas une équipe qui gagne ! Et n’oublions pas que Suzanne Collins ne se contente pas d’écrire, elle gère aussi la production des films, assurant que lecture et cinéma servent à faire passer des messages forts, à dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas.

Parce que oui, quand tout semble parfois partir en feu, Hunger Games nous rappelle qu’il suffit d’une flamme pour allumer une révolte.

Lelia Tostivint

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Dernière mise à jour : Septembre 2025

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