Qu’est-ce que le dérushage ?

Publiée le 22 mai 2023

Le « rush » désigne l’ensemble des vidéos, dans leur aspect brut, enregistrées au moment du tournage. Le dérushage, quant à lui, est le processus qui consiste à sélectionner les images et les vidéos à conserver en vue d’assurer le montage final d’un film. Zoom sur le procédé, les techniques et les outils pour réussir son dérushage.

Visuel - Dérushage

 

Dérushage : le concept technique 

Lors d’un tournage, les équipes spécialisées dans l’image conservent toutes les vidéos brutes qui ont été enregistrées. Ces enregistrements peuvent être longs, comprendre des scènes inutiles, des « ratés », ou encore des pauses trop longues et des erreurs de cadrage. Ces séquences sont alors inutiles pour le montage final, il faut les écarter et ne sélectionner que les rushes propices à la constitution d’un film de qualité.   

Le dérushage consiste alors à visionner tous ces enregistrements vidéo pour retirer des fichiers les éléments superflus. Cette étape a donc lieu après le tournage, au début des étapes de post-production, c’est même la première étape du montage à proprement parler. 

Il faut donc identifier les séquences à retirer en notant le moment du début et de la fin des plans directement sur le logiciel de montage. Sur cette interface numérique, on peut importer les vidéos (les rushes) à visionner et les intégrer directement dans la timeline en vue de faciliter le processus d’identification. 

Le dérushage constitue par conséquent un processus technique, qui s’effectue en studio et sur des logiciels professionnels spécialisés dans le montage vidéo. Il peut être chronophage, surtout lorsque le nombre de rushes est élevé. Sur certains projets, le volume des rushes peut atteindre plusieurs gigas / heures d’images. Par ailleurs, le dérushage est plus ou moins long en fonction du type de film sur lequel les professionnels travaillent. Par exemple, pour une vidéo institutionnelle tirée d’un événement, le nombre d’images brutes à visionner est important et il faut faire preuve d’un très bon œil pour repérer les plans dignes d’intérêt. 

 

Le dérushage en pratique 

Les professionnels du montage vidéo et de la post-production commencent le dérushage en important dans leur éditeur logiciel l’intégralité des rushes. Ils déterminent une méthode de tri des images. 

La catégorisation des vidéos à conserver ou à supprimer peut s’effectuer au regard de plusieurs critères. Le premier et le plus évident est le critère technique. Dans ce cas de figure, on écarte les vidéos floues, surexposées, à contre-jour, avec des erreurs de luminosité, etc. Esthétiquement, les plans qui ne sont pas attractifs ou qui sont incompréhensibles sont également mis de côté. 

Les professionnels du montage en charge du dérushage sélectionnent également les vidéos à conserver en fonction du scénario final du film : les rushes qu’ils conservent correspondent à une étape de la narration de l’œuvre. Ainsi, les experts de la post-production et du montage cinématographique bénéficient des documents de création du projet sur lequel ils travaillent : story-boards, scénario ou encore script. Dans leur travail de sélection, ils doivent privilégier les plans et les séquences qui correspondent à la vision du réalisateur et prennent appui sur ces informations afin de savoir quel rush conserver ou non. Il est important que la séquence sélectionnée s’intègre à l’histoire du film et qu’elle ne rajoute pas du temps au film inutilement. 

Après la sélection terminée, il faut que les professionnels organisent les séquences en fonction de la timeline du projet. Ils doivent donc respecter le rythme du film, l’alternance de séquences longues ou courtes, etc. Il faut aussi qu’ils soient attentifs aux éventuels décalages entre le son et la vidéo. 

Après le dérushage, les professionnels du montage travaillent sur l’étalonnage du film, l’intégration de scènes d’effets spéciaux ou ajoutent des filtres aux images. Les techniciens du son interviennent également dans leur spécialité. En effet, après la première étape du montage vidéo que constitue le dérushage, les professionnels effectuent dans l’ordre : le montage, l’étalonnage, le sound design puis le maquettage du film. 

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Dérushage, retouche vidéo et organisation de travail 

Lorsque les professionnels de la post-production commencent le dérushage, ils peuvent aussi mettre de côté les séquences ou les plans à retoucher. Il s’agit des passages filmés qui nécessitent un apport en effets spéciaux, une intervention en étalonnage ou un travail de matte painting. Dans ce cas, ils doivent prêter attention à la timeline et vérifier la cohérence de timing. 

Par ailleurs, les étapes de post-production s’effectuent via un seul et unique logiciel, ce qui leur permet de travailler directement sur les séquences à retoucher. Par exemple, sur Adobe Premiere Pro ou Final Cut Pro X, on peut reprendre partiellement les sons ou la luminosité. Les professionnels du dérushage peuvent ainsi faire gagner du temps à leurs collaborateurs en traitant les séquences faciles à retoucher. 

Le choix de l’outil numérique de dérushage s’avère donc crucial pour une équipe de post-production. Les propositions actuellement sur le marché offrent des fonctionnalités très pointues et un champ d’action large : découpage, étalonnage, etc. Par exemple, FCPX (Final Cut Pro X) ne fonctionne que sur Macintosh, tandis que Premiere Pro est aussi compatible sur PC. 

Puisque le dérushage est une étape qui doit permettre aux autres équipes de la post-production d’intervenir, il est important de respecter une organisation performante et compréhensible. À ce titre, les logiciels professionnels permettent de créer des dossiers. On peut y ranger, par catégories, les éléments qui ne sont pas conservés : interviews, scènes coupées (trop longues et peu pertinentes), erreurs de cadrage, etc. Les autres techniciens pourront alors y piocher des alternatives au moment du montage final, ce qui permet d’enrichir le film. 

Les étudiants du BTS Métiers de l’Audiovisuel option image de l’école ISA apprennent tout du montage vidéo et du dérushage. Grâce à la pédagogie pratique de l’établissement, ils bénéficient de stages en alternance et obtiennent leur diplôme à l’issue de leur cursus. 

Le dérushage est la spécialité du dérusher. Au premier emploi, ce technicien de l’audiovisuel bénéficie d’une rétribution située aux alentours de 35 000 euros annuels bruts, rétribution qui augmente avec son expérience professionnelle.

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